lundi 12 mai 2014

Des lobbyistes de Big Pharma se font virer de l’Assemblée Nationale !



Des lobbyistes de Big Pharma se font virer de l’Assemblée Nationale !

parPharmaleaksmercredi 7 novembre 2012http://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/des-lobbyistes-de-big-pharma-se-125387
Le bureau de l'Assemblée Nationale a décidé de retirer leur badge d'accès aux lobbyistes de Sanofi a-t-on appris d'une dépêche APM. Une mesure salutaire curieusement étouffée par les médias.
Chacun se souviendra de la mise à l'écart des murs de l'Assemblée de la lobbyiste de Servier en octobre 2011, relayée à grands renforts médiatiques. Cette éviction fut l'une des représailles de Xavier Bertrand dans son combat personnel contre Servier. Il faut dire que Servier n'a pas volé de s'attirer les foudres des députés lorsque sa représentante à l'Assemblée commença à se mettre à table. « Je rencontrerégulièrement les députés UMP Jean-Pierre Door (cardiologue, Loiret), et Michel Heinrich (pharmacien, Haut-Rhin), ainsi que les élus PS Marisol Touraine (conseillère d'Etat, Indre et Loire) et Catherine Lemorton (pharmacienne, élue de Haute Garonne). Je rencontre aussi le sénateur Dominique Leclerc (UMP, élu du Loiret, pharmacien de profession). Ce sont des bons connaisseurs du secteur », déclarait-elle dans Le Parisien.
Nous avions pu assister alors à une levée de boucliers de la part des élus et des partis concernés. Elle ne s'est malheureusement plus exprimée par la suite sur les connivences entre Servier et nos représentants dans les arcanes du pouvoir. Dommage, elle doit surement avoir du "lourd" à raconter. 

Et voici que le 10 octobre, le nouveau président de la délégation chargée des représentants d’intérêts, le député PS Christophe Sirugue, a annoncé que les “représentants d’entreprises privées oeuvrant dans certains secteurs sensibles” [NDLR : industrie pharmaceutique et agrochimie] seraient rayés de la liste. 

Cette mesure de "protection des secteurs sensibles" paraît bien tardive. Il aurait été souhaitable que le gouvernement précédent se livre d'emblée au nettoyage des écuries d'Augias plutôt que de se limiter à cette mesure limitée à une seule firme pharmaceutique, aussi décriée fut-elle. 

Il serait intéressant de connaître les raisons qui ont poussé l'Assemblée à omettre de se poser certaines questions sur les autres lobbyistes de l'industrie pharmaceutique. 

Christian Lajoux, président du LEEM (Les entreprises du médicament), mais surtout président de Sanofi ne s'est pas exprimé sur le sujet. Un comportement étonnant pour quelqu'un qui crie à qui veut l'entendre que "la Profession" doit se réformer et faire preuve de plus de transparence. Selon la dépêche APM, le LEEM, le GEMME ("Générique même médicament"), la Fédération Française des Industrie de Santé (FEFIS), et le Syndicat National de l'Industrie des Technologies Médicales (SNITEM) conservent leurs lobbyistes à l'Assemblée. Nous comprenons donc mieux le silence de Christian Lajoux. 

Et maintenant ? 

Comme le souligne très justement l'article paru dans Acteurspublics.com, "Rien ne leur interdit en effet de prendre contact directement avec un parlementaire et de le rencontrer ailleurs qu’au Palais-Bourbon..." 

Chacun se souviendra des rencontres de Lourmarin, interdites à la Presse, organisées par le lobbyiste Daniel Vial, qui permirent pendant des années de réunir dans un luxueux château des parlementaires, des dirigeants des plus grandes administrations françaises, avec les dirigeants des firmes pharmaceutiques afin de discuter business. 

Chacun se souviendra de l'immense liste des députés et sénateurs membres du Club Hippocrate, un club de réflexion sur les questions de santé, présidé par le député PS Gérard Bapt, président de la Commission d'enquête sur Mediator, et pourtant financé par la firme pharmaceutique GSK. 

Ce club a mystérieusement disparu du web alors que le business des autres clubs de parlementaires continue de foisonner : 

Club Athéna Défense & Forces Armées 
Club Cérès Recherche Agronomique 
Club Domus Ville, logement & efficacité énergétique 
Club Enée Autonomie & Dépendance 
Club Hermès Transports 
Club Oikonomia Réguler la finance 
Club Prométhée Energies renouvelables


Enfin, chacun se souviendra également avec émotion du Club Avenir de la Santé également financé par GSK, pour encore permettre à nos élus de "réfléchir" sur des thématiques si chères à la firme. 

Que faire ? 

Il incombe malheureusement à ceux qui votent les lois de mettre en place celles qui limiteront les liens d'intérêts dont ils bénéficient. Combien de Mediator, de Vioxx, ou d'Avandia faudra-t-il pour exiger du système de réelles mesures disciplinaires aux députés qui ne se gênent pas pour apprécier l'hospitalité et la générosité de ceux dont ils sont supposés cadrer l'activité ? 

Il incombe également à la Presse, contre-pouvoir théorique, qui sait si souvent fermer les yeux sur certaines affaires qui dérangent le pouvoir établi, de se livrer à son devoir d'information, au risque de déplaire à ses sponsors privés et publics qui supportent son déficit abyssal. 

Il incombe enfin au citoyen de ne plus accepter les comportements tendancieux des élus qui le représente en exigeant des comptes ! Le temps n'est-il pas venu pour les députés de déclarer publiquement l'argent et les avantages en nature reçus de leurs partenaires privés ? 

Source : 

Les lobbyistes de Sanofi et Biomnis interdits d'Assemblée Nationale, APM, 31/10/2012 

Les députés font le ménage dans la liste des lobbyistes, Acteurspublics.com, 17/10/2012 

Mediator : la lobbyiste de Servier embarrasse les députés, TF1 News, 01/10/2011 

Pour la première fois, la lobbyiste de Servier parle, Le Parisien, 29/09/2011 

La lobbyiste de Servier : « Mon rôle est de cibler des députés-médecins » 

Le Club Avenir de la Santé : 23 années de lobbying pharmaceutique intensif, Agoravox, 09/12/2011

En attendant le déontologue, Les cuisines de l'Assemblée, 18/09/2012 

Des parlementaires financés par l’industrie pharmaceutique travaillent sur les conflits d’intérêt, Agoravox.fr, 26/02/2011 

LE LOBBY PHARMACEUTIQUE ET LA REPUBLIQUE

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire